Auguste Stoeber

 

 

 

Lorsque j’ai voulu publier le recueil majeur de folklore alsacien, à savoir la collecte d’Auguste Stoeber (1808-1884), j’ai dû écumer les bibliothèques et j’ai fini par découvrir qu’il n’en restait plus qu’un seul exemplaire accessible, à savoir celui de la Bibliothèque nationale, que j’ai fait numériser. C’est ainsi que j’ai publié les Légendes d’Alsace dans la collection « Les grandes collectes » qui vivait alors de beaux jours aux éditions Ouest-France.

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L’itinéraire des folkloristes est toujours très intéressant et l’itinéraire des frères Stoeber, qui furent des pionniers, l’est particulièrement. C’est donc avec plaisir que j’ai rédigé un article au sujet d’Auguste Stoeber pour le monumental Dictionnaire de Strasbourg. J’ai appris par hasard que le dictionnaire était paru : pas de relecture d’épreuves ? Non. Mais des modifications dues à une ou des interventions anonymes. Étrange travail universitaire qui consiste à ajouter des fautes de français et supprimer les références…

Voici, par exemple, une phrase :

« Cependant, les légendes en vers qu’il publie avec son frère en 1836 sous le titre d’Alsabilder sont des poèmes personnels écrits à partir de la tradition populaire. « À ce moment-là », écrira-t-il, « je songeais surtout à l’intérêt poétique des choses ; je ne comprenais pas bien la valeur de ces traditions du point de vue de la science »[1].

[1] Préface de la réédition des Légendes d’Alsace.

.Et voici ce qu’elle devient :

« Cependant, les légendes en vers qu’il publie avec son frère Adolphe (1810-1892) en 1836 sous le titre d’Alsabilder sont des poèmes personnels écrits à partir de la tradition populaire, et son intérêt est plus poétique que scientifique ».

Son intérêt ? L’intérêt de quoi ?

Tout est à l’avenant…

Ce qui caractérise les folkloristes français, me semble-t-il, c’est une espèce de malchance tenace, qui les rend d’ailleurs pleins de charme à mes yeux… Une petite illustration mélancolique de plus. 

Je vais poursuivre ma petite chronique des folkloristes français, commencée avec Luzel, Millien, Mistral, et poursuivie jusqu’à Sébillot, l’an passé, en reprenant cet article sur des bases nouvelles. 

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