Armand Robin

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.Le 11 mars, inauguration de l’exposition des photographies d’Armand Robin organisée par le centre d’art GwinZegal.

L’histoire de ces photographies est assez simple : en 1937, de retour à Rostrenen, Armand Robin entreprend de photographier la ferme du Ouesquié, son père, ses voisins, les herbes, les chevaux. Il me tiendra probablement plus un appareil photo par la suite mais certains des Fragments qu’il écrit à partir de ce moment laissent à penser qu’ils sont nés de ce regard posé sur un monde qu’il avait quitté — pour le faire vivre par le long périple à travers les poésies du monde entier.

Voilà quelques années, j’avais publié ces photographies en les mettant en relation avec certains des fragments retrouvés après la mort d’Armand Robin.

.Le livre est paru sous le titre Le cycle du pays natal. Il a connu deux éditions. C’est le seul des six volumes de textes de Robin que j’ai donnés aux éditions Ubacs devenues La Part commune qui soit encore disponible.

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Le parti-pris de Jérôme Sother et de tous ceux qui ont travaillé à cette exposition a été de d’accorder à ces photographies d’amateur le plus grand soin et, loin de les considérer comme documents, de leur donner leur espace en les mettant en relation avec quelques textes — peu de textes, juste quelques fragments que j’ai choisis parmi ceux que j’avais archivés aux éditions Gallimard parce qu’ils formaient, en relation avec les images, une histoire sans histoire, le récit d’une perdition.

Travaillant sur ces images pour GwinZegal, je me suis rendue compte que celles que je préférais étaient souvent les plus manquées.

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Elles m’étaient plus proches d’abord parce qu’elles me rappelaient des souvenirs d’enfance, la vieille Madame Hénaff dont je retrouve là le visage, le sourire d’un petit voisin, le chaume sur les poteaux de bois, les herbes de la prairie en pente…

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Et puis parce qu’elle faisaient écho à ces fragments si simples, si étrangers à la « poésie pour poètes » que Robin disait vouloir fuir et a, de fait, réussi à fuir le temps de les écrire et de traduire certains poèmes…

Ultime miracle : après sa mort, un ami se rend dans son appartement et sauve, extraits de montagnes de papiers, ces quelques manuscrits et ces quelques clichés.

Archivant ces pages dactylographiées, de plus en plus raturées, tachées, déchirées, j’avais l’impression de rendre vie à ce qui avait permis à Robin, plongé dans le monde de la littérature, d’en réchapper, d’une manière ou d’une autre…

De même, peut-être l’exposition offre-t-elle, bien paradoxalement, une manière d’échapper aux clichés par les clichés…

En tout cas, le travail à partir des manuscrits et des images s’inscrit dans un souci de rigueur qui pourrait ouvrir sur une recherche nouvelle.

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