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J’ai découvert par hasard l’extraordinaire travail poursuivi par Loup Hanning depuis des années sous le titre de Sur la piste de Kipling qui répond comme en miroir à un complément non moins extraordinaire intitulé Sur la piste de Baldred.
Tout professeur devrait lire les chapitres qu’avec un humour anglais digne des meilleurs auteurs Baldred consacre à son expérience d’enseignant (j’ai appris depuis que Baldred était un moine anglais chargé d’évangéliser les populations païennes d’Écosse – heureuse perspective, il se signala par quelques miracles). Si j’avais pu lire ces pages du temps que je me trouvais jeune agrégée en collège, j’en aurais été comme soutenue et réconfortée. Mais notre sujet, ici, c’est Kipling, qui m’a valu un message de Loup Hanning reçu dans les commentaires de ce site car, comme on peut le voir ici, j’ai traduit If, et j’ai accompagné cette traduction d’un texte que je pensais destiné à accompagner l’édition mais non, et, finalement, je l’ai mis en ligne.
J’ai été particulièrement contente que cet éminentissime connaisseur de Kipling trouve mon texte digne d’intérêt (car, je m’aperçois que j’ai oublié de le préciser, Loup Hanning traduit tous les poèmes de Kipling inédits ou pas, en les plaçant dans leur contexte et en les éclairant de commentaires toujours perspicaces). C’est une somme ou plutôt a work in progress qui constitue déjà une somme sans exemple.
Pour la traduction d’If, poème mondialement connu et traduit, il y avait de quoi produire une somme dans la somme et, à ma grande surprise, Loup Hanning m’a proposé de partir de mes réflexions sur la traduction de ce texte, ce que j’ai accepté bien volontiers. J’avais un peu étudié les traductions que l’éditeur m’avait remises mais Loup Hanning en connaissait bien d’autres. Je vous laisse les découvrir : c’est passionnant.
De plus, chose qui m’a vraiment touchée, Loup Hanning reprend la distinction que j’ai proposée pour les traductions médiévales entre ce que j’ai proposé d’appeler « translation » (qui consiste à donner une transposition destinée à permettre au lecteur de suivre le texte original) et « traduction » (c’est-à-dire une transposition respectant la forme, le rythme, les allusions, de manière à donner un équivalent du poème). Le fait de confondre adaptation, translation et traduction amène à la conflusion dans laquelle tout se perd, chose que je ne cesse de déplorer. J’ai donc trouvé merveilleux cet écho inattendu comme en réponse à une traduction de Kiling qui a maintenant disparu, le livre ayant été pilonné, au grand dam de mes lecteurs qui (m’ont-ils dit) avaient coutume d’en offrir un exemplaire en cadeau de naissance.
