L’histoire de Bretagne comme arme politique

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Le Comité de Vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH) m’a invitée à donner une conférence jeudi dernier au Lieu-dit, 6 rue Sorbier, 75020 Paris. Le titre, « l’histoire de Bretagne comme arme politique » n’était pas de nature à réjouir les nationalistes bretons mais nous avons pu débattre sans fascistes bretons ni fanatiques de service — ce qui, bien sûr, aurait été impossible en Bretagne.

Comme l’a constaté Aurore Chéry, qui vient de republier Les Historiens de garde aux éditions Libertalia, « les problématiques rejoignent, à un niveau local, celles pointées dans Les Historiens de gardemais elles sont souvent mal connues en dehors de la Bretagne » : oui, c’est vrai, les problématiques se rejoignent et elles sont mal connues, mais elles sont, je dois le dire, tout aussi mal connues en Bretagne qu’ailleurs.

Mon exposé a consisté à montrer comment les historiens de garde ont été suscités par l’institution pour court-circuiter les protestations contre la réécriture de l’histoire en Bretagne. C’est une synthèse qui m’a demandé beaucoup de travail puisque j’ai repris tous les travaux produits à la suite de l’Affaire Luzel et de la création du Groupe Information Bretagne, mais je pense que ce travail était nécessaire en un temps où l’instrumentalisation de l’histoire appelle plus que jamais à vigilance.

En attendant de développer cette synthèse, j’ai mis en ligne une page qui sera peut-être utile à ceux qui n’ont pas idée de ce qui est en cours en Bretagne.

 

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8 réponses à L’histoire de Bretagne comme arme politique

  1. davy louis-marie dit :

    Retraité d’une télévision régionale (FR3) publique dont je connais trop les insuffisances, et les manquements, je ne me permettrai pas de critiquer ouvertement la manière dont Le Télégramme et Ouest France traitent de votre combat et, plus généralement des « affaires bretonnes ». Mais il me saute aux yeux que ces deux éminents journaux ne peuvent regarder cette histoire récente sans risquer d’avoir à se retourner eux-mêmes sur leur propre mémoire d’entreprises « séquestrées » à la Libération. L’euphémisation dans leurs « romans » respectifs du passé collaborationniste de La Dépêche et de l’Ouest Eclair témoigne bien de leur malaise en face de cette période. Cela explique-t-il cette manière inimitable qu’ils ont de jeter le manteau de Noé sur certaines vérités nues ? Il n’est pas interdit de le penser. Bien à vous. LMD.

    • Françoise Morvan dit :

      Il n’est pas interdit de le penser, c’est vrai, mais ce qui me pose surtout question, c’est la manière dont la grande dérive identitaire de ces journaux a accompagné la montée en puissance de l’Institut de Locarn. En 2003 déjà, la thèse de Thibault Courcelle étudiait un phénomène qui n’a fait que s’accentuer…

      http://le-grib.com/politique/le-role-de-la-presse-regionale-dans-la-creation-dune-identite-bretonne/

      … et qui s’étend désormais à tous les médias bretons. Le traitement des « affaires bretonnes » par les chaînes de télévision n’est pas moins effrayant et je passe sur la revue Bretons qui diffuse sans manteau de Noé l’idéologie de Locarn.
      Bien cordialement

  2. Erwan K dit :

    Histoire bretonne instrumentalisée par un nationaliste du Parti Breton (groupuscule antifrançais ultralibéral et de droite dure) : https://www.youtube.com/channel/UCOzdjvWQozuRycrvgxikZ9w

  3. FRÉDÉRIC MORVAN dit :

    Comme je le dis souvent, le Centre d’histoire de Bretagne/Kreizenn Istor Breizh est ouvert à tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de Bretagne. Si vous y adhérez (l’adhésion simple est de 25 euros), vous aurez droit à la même promotion de votre travail que M. Yves Mervin, ni plus ni moins.Bien cordialement. Frédéric Morvan

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