Florilège des invectives

Chaque fois que je publie un article ou que j’interviens publiquement d’une manière ou d’une autre (ce qui, depuis que j’ai publié Le Monde comme si, n’arrive autant dire jamais) je provoque un afflux de commentaires impressionnants de violence et de fanatisme. Il m’est venu à l’idée de les  collectionner car ils me semblent, en fin de compte, de nature à former un portrait du mouvement breton par lui-même.

Nous ne sommes pas du tout en présence de personnes capables de répondre à des arguments (je l’avais constaté lorsque Libération m’avait demandé un article contre la scandaleuse opération de business identitaire baptisée « Breizh Touch », publication qui a provoqué un véritable déferlement de haine militante).  Il s’agit de croyants partageant les mêmes dogmes et les ressassant à l’infini : la Bretagne a remplacé Dieu et le culte du drapeau le culte de la Vierge. Qui ose refuser de participer à la procession et ne s’incline pas devant le curé, le vicaire, le bedeau et les objets du culte est voué à l’anathème. Or, ces gens qui veulent le pouvoir règneront sur des bases idéologiques qu’ils aident à mieux percevoir par leurs harangues et leurs homélies.

À ce jour (mercredi 13 novembre 2013), n’ayant rien publié ni émis la moindre opinion sur le moindre sujet,  je reçois sur ce site le commentaire suivant :

1. COMMENTAIRE 1

Envoyé le 13/11/2013 à 20:42

« Finalement ces évènements en Bretagne vous font de la publicité car vous êtes totalement méconnue du plus grand nombre ici en Bretagne, décidément hier le FN tentait de récupérer ce mécontentement aujourd’hui c’est vous l’illustre inconnue, mais au fait avez vous gagné une seule fois votre vie à la sueur de votre front, ça j’en doute. Continuez de fréquenter vos amis jacobins dans vos salons dorés, vous êtes indigne de vous dire bretonne ! »

Il me semble que ce message émanant d’un anonyme autobaptisé Brezhonec condense ce qui peut m’être reproché avant même que j’aie osé me prononcer sur quoi que ce soit.

Par le plus grand des hasards, demain doit paraître un article qui m’a été demandé par Le Monde et dans lequel je donnerai mon opinion sur ce que l’anonyme appelle les événements. 

Je ne voudrais tout de même pas omettre le commentaire précédant celui de l’anonyme Brezhonec :

Je le nomme COMMENTAIRE ZÉRO :

« Grosse salope de rouge, bretonne enjuivée ! »

Je suppose qu’il fait suite à mon travail sur l’antisémitisme du mouvement nationaliste breton.

2. COMMENTAIRE 2

Cette fois, j’ai publié dans Le Monde (15 novembre 2013) un article exposant comment la prétendue révolte spontanée dite des Bonnets rouges contre l’écotaxe a été organisée par le lobby patronal breton et instrumentalisée de manière à servir un projet politique contraire aux souhaits exprimés par les électeurs bretons.

Cet article a été publié sous le titre « Bonnets rouges : des dérives autonomistes derrière les revendications sociales » (personnellement, je l’avais intitulé « Bonnets rouges et chapeaux ronds », en écho à la conclusion). Il apporte des informations précises sur des faits vérifiables et a été jugé utile par de nombreux lecteurs puisqu’il compte près de 3000 référencements deux jours après parution.

Envoyé le 15/11/2013 à 13:14

« Madame,

Je viens de lire un de vos écrits dans Le Monde, et il est particulièrement choquant et insulatant même.
Non les automistes ne sont pas tous forcément indépendantistes.
Non les autonomistes ne sont pas forcément des Breizh Atao pro nazis.
Non la Bretagne n’est pas fachisante, c’est l’une des régions les plus ouverte aux autres cultures.
Vous faites d’une minorité une généralité. C’est très choquant, et inacceptable.
Mes grands parents se sont battus contre les allemands durant la guerre et mon grand oncle avait rejoint l’angleterre à bord de son bateau. Comme tant d’autres bretons à l’époque.
Et vous qui êtes ou étiez amie de Alain Soral entre autres, que pourrait on vous dire ou amalgamer à votre sujet? Cela vous plairait il que l’on vous assimile à une nationaliste française ultra jacobine qui nie la diversité des régions, partisane de la politique assimilatrice de notre république …?
Non la diversité culturelle n’est pas synonyme de repli communautaire.
Et le drapeau breton fut bien lavé de ses slaeté par les militants (plutot de gauche) dans les années 60-70.
Cela ressemble plus à un acharnement personnel de votre part et à un fond de commercex par le biais de médias dont les rédactions n’ont que peu de curiosité intellectuelle et qui ne pensent eux aussi qu’à leur fond de commerce …En résumé, vous ne connaissez pas la Bretagne actuelle, vous êtes tourné uniquement sur le passé que vous même n’avez pas connu.
Vous me censurerez si cela vous chante, rien à faire. »

Je précise que je ne connais Alain Soral ni d’Ève ni d’Adam. L’anonyme se baptise SowetoBZH.

3. COMMENTAIRE 3

Philosophie bretonne

« Dans l’édition du journal «Le Monde» datée du 13 novembre 2013, Françoise Morvan attaque, comme elle sait si bien le faire, le mouvement populaire breton de ces dernières semaines. Croyant le désamorcer, ou l’éteindre, elle l’anime.

 La dernière phrase de son article est la suivante : « la guerre ne fait que commencer ». Photo à l’appui : un jeune Breton, sac sur le dos, drapeau dans la main, défiant sagement un portique écotaxe gardé par une horde de CRS. Comme d’autres défiaient des chars, il y a une vingtaine d’années, place Tian An Men.

Qui déclenche « la guerre » madame Morvan ? Vos mots. Et votre étroitesse d’esprit. Le Dalaï-Lama rappelle que la réflexion est « une gymnastique de l’esprit » : il faut s’échauffer avant d’exercer, sinon on risque le claquage. A trop insister sur l’idée de « résistance » en Bretagne, Paris ne fait que nourrir son discours de toujours : belliqueux à souhait et empli de ressentiment.

Pour exemple, la radio «Europe 1» appelait encore la semaine dernière le maire de Carhaix à « désarmer ». Pour ne pas dire qu’elle lui sommait de le faire, et d’obtempérer. Pour ne pas dire non plus qu’elle lui « aboyait » cet « ordre ».

Mais où sont « les armes » ? Où est « la guerre » ? Où est « la haine » ? Nous ne sommes pas armés. Le monde entier l’a vu à Quimper le 2 novembre. Nous savons parler. Le problème est que nous ne sommes pas entendus.

Le problème, en l’occurrence, n’est pas que « les Bretons de Paris » n’aient pas une oreille pour le pays, mais qu’ils parlent trop, et mal.

Le ministre de la Défense nous rappelle par exemple que le terme « ultimatum » n’est pas « républicain », la ministre de la Réforme de l’Etat « que tout dialogue est désormais ruiné » et le premier ministre, qui affirme si bien « nous connaître », qu’il saura nous « punir ». Quand au conseiller spécial du président de la République, et maire de Quimper, il a la sagesse du silence.

A faire passer les Bretons pour des fous dangereux, le point de vue français sur les événements récents alimente un jeu, en effet, dangereux. Le soi-disant « rapport de force » révèle en réalité les Français (de Paris) dans toute leur splendeur : crispés, autistes et intransigeants, manifestant ainsi un manque total de réflexion, et donc de souplesse d’esprit. Exactement comme leur philosophe national : René Descartes, imbuvable à force d’avoir été empoisonné. Dans le texte comme dans le sang.

Il est fini le temps du « rationalisme parisiano-parisien ». On porte aujourd’hui des bonnets rouges en Alsace, à Nice et à Dunkerque. Les Français en ont assez d’être « des Français », parce que l’on est incapable de leur expliquer « en haut » en quoi cela consiste désormais. Alors les Bretons perdent patience : si « être Français » ne sert plus à rien et ne signifie plus rien, autant être soi-même. En toute sérénité.

Le discours de Françoise Morvan, appelant littéralement à « la guerre », est donc dangereux et, en vérité, affligeant. Elle construit son objet, comme elle sait bien le faire, pour ensuite nous l’imposer. Que la Bretagne lui reste «en travers de la gorge» est son problème. Il ne nous concerne en rien.

Elevons plutôt le débat et reconnaissons avec les intellectuels bretons Romain Pasquier et Yvon Ollivier que la France a intérêt, plus que jamais, à écouter la Bretagne.

Malheureusement, le problème est que la France est sourde, autiste et repliée sur elle-même. Elle demeure ce projet confisqué par Paris et dont le symbole suprême, totem ou tabou, le crâne de René Descartes (qui n’est pas le sien), est depuis le 19ème siècle « propriété de la nation », et donc « de l’Etat ». A-t-on vu ailleurs pareille absurdité ? Ils n’ont plus que l’autoritarisme pour pédagogie. Encore une fois madame Morvan, ce n’est pas « la guerre » qu’il faut faire, ou refaire, mais la philosophie

Simon Alain

L’exercice de philosophie bretonne de Simon Alain repose sur un contresens absolu, étant donné que, n’ayant lu que la dernière phrase de mon article, il lui fait dire exactement le contraire de ce qu’elle dit.

4. COMMENTAIRE 4 

Ça vient des ovaires…

Commentaire sur ce qui précède :

« Les textes de Françoise Morvan ne sont que de la broderie de vieille fille stérile, elle ne trompe plus personne, ne jouent plus de rôle.

Françoise Morvan se couche tous les soirs avec le contentement d’avoir tout le jour, agi, pensé, respiré contre les hommes.

Le journal le monde est un chien de garde de l’oligarchie, il suffit de pacourrir le pédigré de ces actionnaires pour le comprendre. Ces gens ont une peine infinie à penser qu’il puisse exister d’autres mondes hors de leur ghetto de bobos. Ils sont là pour détruire toute pensée humaine. »

Emilie Le Berre, vendredi 15 novembre 2013

 

5. COMMENTAIRE 5 

Et dire qu’elle aurait pu être une militante normale comme tout le monde…

« Je pense que sans l’agresser il faudrait lui démontrer que son obstination systématique contre la matière bretonne va de se retourner contre elle ,l’actualité française actuelle le permet car ce qu’à subit madame Taubira vient aussi de loin je veux dire de la mission civilisatrice de la France teinté d’un racisme à la Jules Ferry ,ces’ aussi ces fondamentaux historiques sont aussi une des causes de la montée du front national car ceux qui stigmatisent en permanence la cause bretonne refusent par orgueil de regarder un passé français pas toujours glorieux Maintenant on peut se poser aussi la question comment en est t-on arrivé là ??? on dit aussi qu’il n’y a rien de pire qu’une femme en colère !!!

Ce triste exemple montre en tout cas que la destinée d’une personne humaine ne tient parfois pas à grand chose car cette personne aurait pu être après tout une militante culturelle bretonne ordinaire. » 

Spered Dieub, 15 novembre 2013

6. COMMENTAIRE 6

Avant de la soigner, traitons le problème essentiel : est-elle bien bretonne ? 

 

La guerre ne fait que commencer ????……… donc c’est elle qui declare «LA GUERRE».A mon avis les Bretons ne veulent qu’úne evolution , sociale , economique , politique qu’ils entendent negocier a l ‘interieur des nouveaux grands ensembles , qui emergent .

Je conseillerai donc a Mme Francoise MORVAN ( D’ou vient elle , celle la ??? ) d’aller se faire soigner .

Mais d’ou vient cette Francoise MORVAN ????? biensur j’en ai deja entendu parle ….. mais elle n’a pas une notoriete Internationale , et je ne connais rien de son histoire .

Est elle Bretonne ???

(à suivre)

 

 

 

 

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