Florilège des invectives

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© Yayo

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Chaque fois que je publie un article ou que j’interviens publiquement d’une manière ou d’une autre (ce qui, depuis que j’ai publié Le Monde comme si, n’arrive autant dire jamais) je provoque un afflux de commentaires impressionnants de violence et de fanatisme. Il m’est venu à l’idée de les  collectionner car ils me semblent, en fin de compte, de nature à former un portrait du mouvement breton par lui-même.

Nous ne sommes pas du tout en présence de personnes capables de répondre à des arguments (je l’avais constaté lorsque Libération m’avait demandé un article contre la scandaleuse opération de business identitaire baptisée « Breizh Touch », publication qui a provoqué un véritable déferlement de haine militante).  Il s’agit de croyants partageant les mêmes dogmes et les ressassant à l’infini : la Bretagne a remplacé Dieu et le culte du drapeau le culte de la Vierge. Qui ose refuser de participer à la procession et ne s’incline pas devant le curé, le vicaire, le bedeau et les objets du culte est voué à l’anathème. Or, ces gens qui veulent le pouvoir règneront sur des bases idéologiques qu’ils aident à mieux percevoir par leurs harangues et leurs homélies.

À ce jour (mercredi 13 novembre 2013), n’ayant rien publié ni émis la moindre opinion sur le moindre sujet,  je reçois sur ce site le commentaire suivant :

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COMMENTAIRE 1

Elle est indigne d’être bretonne

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Envoyé le 13/11/2013 à 20:42

« Finalement ces évènements en Bretagne vous font de la publicité car vous êtes totalement méconnue du plus grand nombre ici en Bretagne, décidément hier le FN tentait de récupérer ce mécontentement aujourd’hui c’est vous l’illustre inconnue, mais au fait avez vous gagné une seule fois votre vie à la sueur de votre front, ça j’en doute. Continuez de fréquenter vos amis jacobins dans vos salons dorés, vous êtes indigne de vous dire bretonne ! »

Il me semble que ce message émanant d’un anonyme autobaptisé Brezhonec condense ce qui peut m’être reproché avant même que j’aie osé me prononcer sur quoi que ce soit.

Par le plus grand des hasards, demain doit paraître un article qui m’a été demandé par Le Monde et dans lequel je donnerai mon opinion sur ce que l’anonyme appelle les événements. 

Je ne voudrais tout de même pas omettre le commentaire précédant celui de l’anonyme Brezhonec :

Je le nomme COMMENTAIRE ZÉRO :

« Grosse salope de rouge, bretonne enjuivée ! »

Je suppose qu’il fait suite à mon travail sur l’antisémitisme du mouvement nationaliste breton.

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COMMENTAIRE 2

Elle est liée à l’extrême droite

Cette fois, j’ai publié dans Le Monde (15 novembre 2013) un article exposant comment la prétendue révolte spontanée dite des Bonnets rouges contre l’écotaxe a été organisée par le lobby patronal breton et instrumentalisée de manière à servir un projet politique contraire aux souhaits exprimés par les électeurs bretons.

Cet article a été publié sous le titre « Bonnets rouges : des dérives autonomistes derrière les revendications sociales » (personnellement, je l’avais intitulé « Bonnets rouges et chapeaux ronds », en écho à la conclusion). Il apporte des informations précises sur des faits vérifiables et a été jugé utile par de nombreux lecteurs puisqu’il compte près de 3000 référencements deux jours après parution.

Cet article a eu un large écho, et a contribué à éclairer de nombreux syndicalistes sur le tour de passe-passe joué par le pseudo-mouvement populaire qui amenait des ouvriers licenciés à défiler derrière les patrons licencieurs au nom du droit de « décider au pays », c’est-à-dire de casser les lois sociales et appeler à plus de dérèglementation. La presse régionale, entièrement inféodée au lobby patronal, s’est livrée à une apologie constante du mouvement des Bonnets rouges, Le Télégramme se livrant à une propagande particulièrement obsédante.

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Voici un commentaire reçu sur ce site : son auteur anonyme tient à me faire savoir que je suis amie de Soral et que, bien sûr, protester contre la réécriture de l’histoire par les nationalistes est un « fonds de commerce ».

Envoyé le 15/11/2013 à 13:14

« Madame,

Je viens de lire un de vos écrits dans Le Monde, et il est particulièrement choquant et insulatant même.
Non les automistes ne sont pas tous forcément indépendantistes.
Non les autonomistes ne sont pas forcément des Breizh Atao pro nazis.
Non la Bretagne n’est pas fachisante, c’est l’une des régions les plus ouverte aux autres cultures.
Vous faites d’une minorité une généralité. C’est très choquant, et inacceptable.
Mes grands parents se sont battus contre les allemands durant la guerre et mon grand oncle avait rejoint l’angleterre à bord de son bateau. Comme tant d’autres bretons à l’époque.
Et vous qui êtes ou étiez amie de Alain Soral entre autres, que pourrait on vous dire ou amalgamer à votre sujet? Cela vous plairait il que l’on vous assimile à une nationaliste française ultra jacobine qui nie la diversité des régions, partisane de la politique assimilatrice de notre république …?
Non la diversité culturelle n’est pas synonyme de repli communautaire.
Et le drapeau breton fut bien lavé de ses slaeté par les militants (plutot de gauche) dans les années 60-70.
Cela ressemble plus à un acharnement personnel de votre part et à un fond de commercex par le biais de médias dont les rédactions n’ont que peu de curiosité intellectuelle et qui ne pensent eux aussi qu’à leur fond de commerce …En résumé, vous ne connaissez pas la Bretagne actuelle, vous êtes tourné uniquement sur le passé que vous même n’avez pas connu.
Vous me censurerez si cela vous chante, rien à faire. »

Je précise que je ne connais Alain Soral ni d’Ève ni d’Adam. L’anonyme se baptise SowetoBZH.

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COMMENTAIRE 3

Elle veut la guerre quand « nous » les Bretons (= les nationalistes bretons) nous voulons la paix (sans les Bretons satisfaits d’être Français)

Philosophie bretonne

« Dans l’édition du journal «Le Monde» datée du 13 novembre 2013, Françoise Morvan attaque, comme elle sait si bien le faire, le mouvement populaire breton de ces dernières semaines. Croyant le désamorcer, ou l’éteindre, elle l’anime.

 La dernière phrase de son article est la suivante : « la guerre ne fait que commencer ». Photo à l’appui : un jeune Breton, sac sur le dos, drapeau dans la main, défiant sagement un portique écotaxe gardé par une horde de CRS. Comme d’autres défiaient des chars, il y a une vingtaine d’années, place Tian An Men.

Qui déclenche « la guerre » madame Morvan ? Vos mots. Et votre étroitesse d’esprit. Le Dalaï-Lama rappelle que la réflexion est « une gymnastique de l’esprit » : il faut s’échauffer avant d’exercer, sinon on risque le claquage. A trop insister sur l’idée de « résistance » en Bretagne, Paris ne fait que nourrir son discours de toujours : belliqueux à souhait et empli de ressentiment.

Pour exemple, la radio «Europe 1» appelait encore la semaine dernière le maire de Carhaix à « désarmer ». Pour ne pas dire qu’elle lui sommait de le faire, et d’obtempérer. Pour ne pas dire non plus qu’elle lui « aboyait » cet « ordre ».

Mais où sont « les armes » ? Où est « la guerre » ? Où est « la haine » ? Nous ne sommes pas armés. Le monde entier l’a vu à Quimper le 2 novembre. Nous savons parler. Le problème est que nous ne sommes pas entendus.

Le problème, en l’occurrence, n’est pas que « les Bretons de Paris » n’aient pas une oreille pour le pays, mais qu’ils parlent trop, et mal.

Le ministre de la Défense nous rappelle par exemple que le terme « ultimatum » n’est pas « républicain », la ministre de la Réforme de l’Etat « que tout dialogue est désormais ruiné » et le premier ministre, qui affirme si bien « nous connaître », qu’il saura nous « punir ». Quand au conseiller spécial du président de la République, et maire de Quimper, il a la sagesse du silence.

A faire passer les Bretons pour des fous dangereux, le point de vue français sur les événements récents alimente un jeu, en effet, dangereux. Le soi-disant « rapport de force » révèle en réalité les Français (de Paris) dans toute leur splendeur : crispés, autistes et intransigeants, manifestant ainsi un manque total de réflexion, et donc de souplesse d’esprit. Exactement comme leur philosophe national : René Descartes, imbuvable à force d’avoir été empoisonné. Dans le texte comme dans le sang.

Il est fini le temps du « rationalisme parisiano-parisien ». On porte aujourd’hui des bonnets rouges en Alsace, à Nice et à Dunkerque. Les Français en ont assez d’être « des Français », parce que l’on est incapable de leur expliquer « en haut » en quoi cela consiste désormais. Alors les Bretons perdent patience : si « être Français » ne sert plus à rien et ne signifie plus rien, autant être soi-même. En toute sérénité.

Le discours de Françoise Morvan, appelant littéralement à « la guerre », est donc dangereux et, en vérité, affligeant. Elle construit son objet, comme elle sait bien le faire, pour ensuite nous l’imposer. Que la Bretagne lui reste «en travers de la gorge» est son problème. Il ne nous concerne en rien.

Elevons plutôt le débat et reconnaissons avec les intellectuels bretons Romain Pasquier et Yvon Ollivier que la France a intérêt, plus que jamais, à écouter la Bretagne.

Malheureusement, le problème est que la France est sourde, autiste et repliée sur elle-même. Elle demeure ce projet confisqué par Paris et dont le symbole suprême, totem ou tabou, le crâne de René Descartes (qui n’est pas le sien), est depuis le 19ème siècle « propriété de la nation », et donc « de l’Etat ». A-t-on vu ailleurs pareille absurdité ? Ils n’ont plus que l’autoritarisme pour pédagogie. Encore une fois madame Morvan, ce n’est pas « la guerre » qu’il faut faire, ou refaire, mais la philosophie

Simon Alain

L’exercice de philosophie bretonne de Simon Alain repose sur un contresens absolu, étant donné que, n’ayant lu que la dernière phrase de mon article, il lui fait dire exactement le contraire de ce qu’elle dit.

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 COMMENTAIRE 4 

Ça vient des ovaires…

Commentaire sur ce qui précède :

« Les textes de Françoise Morvan ne sont que de la broderie de vieille fille stérile, elle ne trompe plus personne, ne jouent plus de rôle.

Françoise Morvan se couche tous les soirs avec le contentement d’avoir tout le jour, agi, pensé, respiré contre les hommes.

Le journal le monde est un chien de garde de l’oligarchie, il suffit de pacourrir le pédigré de ces actionnaires pour le comprendre. Ces gens ont une peine infinie à penser qu’il puisse exister d’autres mondes hors de leur ghetto de bobos. Ils sont là pour détruire toute pensée humaine. »

Emilie Le Berre, vendredi 15 novembre 2013

 

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COMMENTAIRE 5 

Et dire qu’elle aurait pu être une militante normale comme tout le monde…

« Je pense que sans l’agresser il faudrait lui démontrer que son obstination systématique contre la matière bretonne va de se retourner contre elle ,l’actualité française actuelle le permet car ce qu’à subit madame Taubira vient aussi de loin je veux dire de la mission civilisatrice de la France teinté d’un racisme à la Jules Ferry ,ces’ aussi ces fondamentaux historiques sont aussi une des causes de la montée du front national car ceux qui stigmatisent en permanence la cause bretonne refusent par orgueil de regarder un passé français pas toujours glorieux Maintenant on peut se poser aussi la question comment en est t-on arrivé là ??? on dit aussi qu’il n’y a rien de pire qu’une femme en colère !!!

Ce triste exemple montre en tout cas que la destinée d’une personne humaine ne tient parfois pas à grand chose car cette personne aurait pu être après tout une militante culturelle bretonne ordinaire. » 

Spered Dieub, 15 novembre 2013

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COMMENTAIRE 6

Avant de la soigner, traitons le problème essentiel : est-elle bien bretonne ? 

 

La guerre ne fait que commencer ????……… donc c’est elle qui declare «LA GUERRE».A mon avis les Bretons ne veulent qu’úne evolution , sociale , economique , politique qu’ils entendent negocier a l ‘interieur des nouveaux grands ensembles , qui emergent .

Je conseillerai donc a Mme Francoise MORVAN ( D’ou vient elle , celle la ??? ) d’aller se faire soigner .

Mais d’ou vient cette Francoise MORVAN ????? biensur j’en ai deja entendu parle ….. mais elle n’a pas une notoriete Internationale , et je ne connais rien de son histoire .

Est elle Bretonne ???

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COMMENTAIRE 7

Mais attention, le fait qu’elle soit bretonne est une circonstance aggravante

Suite à un article sur la Charte des langues régionales, les invectives reprennent, cette fois sur le site nationaliste 7Seiz supposé être de gauche.

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COMMENTAIRE 8

Oser élever la voix c’est être « antibreton », donc d’extrême droite

Morvan = Berroyer

« l’amère Morvan , c’est la réplique féminine de Berroyer »… 

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Suit, sous la plume d’un anonyme Plijadurrr  un petit condensé du florilège

 

COMMENTAIRE 9

Elle n’a pas le droit de se dire bretonne 

 

COMMENTAIRE 10

Elle est folle

 

C’était déjà le thème du commentaire 6 : c’est ici l’argument essentiel, réitéré des centaines, des milliers de fois. Une femme qui ose protester est folle, il faut la mettre entre les mains des psychiatres pour la faire taire et s’en débarrasser.

Il va de soi pour la plupart de ces militants machistes que la folie vient d’une frustration sexuelle.

« Je me demande même comment elle peut se dire bretonne, elle est totalment déconnecteé! Et qu’est ce qui ne va pas chez elle pour ainsi s’acharner … ?! Il y a des psys pour guérir les frustrations Mme Morvan!

Et changez de sujet, votre disque est rayé et il pue la rancoeur! La Bretagne se passe très bien de gens comme vous. Et allez plutôt consulter! »

 

« Françoise Morvan nous refait le passé et l’acualité à sa façon en tentant faire croire que les bretons bretonnnants et autonomistes sont tous des Breizh Atao pros nazis des années 40 . »

 

COMMENTAIRE 12

Elle fait ça pour de l’argent

« C’est à se demander par qui elle est payée! Combien vend elle ses écrits aux médias? C’est ça son job?! »

 

 

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COMMENTAIRE 14

Elle est payée par l’État français comme agent provocateur

 

Mikael JORD le Samedi 16 novembre 2013

Pour expliquer la prose aguerrie et inflexible de FM une seule lecture s’impose PORTRAIT DU COLONISE de Albert Memmi,A lire ou a relire.Quoiqu’il en soit,ne gaspillons pas nos énergies à contredire cet agent provocateur.

 

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PETITE PAUSE, AVEC L’AMORCE DE DÉBAT QUI A SUIVI LA PUBLICATION DE L’ARTICLE DANS LE MONDE

 

On pourra constater que le commentaire normal du militant breton de base est une variation sur le commentaire 10 et la nécessité de la psychanalyse pour traiter un cas de démence : qui ose s’opposer au mouvement nationaliste breton est à soigner.

 

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COMMENTAIRE 15

C’est une intellectuelle 

 

  • Jakez Kastreg Un « article » de rabâchage dans « Le Monde », et hop « la bande FM se fait plus forte » et arrive presque à saturation.
  • Le phénomène est quasi-chimique; il suffit de retremper sa plume dans le vitriol.
  • Une remarque parmi d’autres: quand on se prend pour une grande intellectuelle, on vérifie le sens des mots que l’on emploie. Un exemple: le mot « communautarisme » ne sous-entend forcément ethno-communautarisme ou communautarisme ethnique, il est bien plus noble, mais hélas il est compris ainsi dans cette France de plus en plus marginale.
  • On pourrait ainsi disséquer les propos de la native de Rostrenen, mais bof, elle serait capable de croire qu’elle est en train de réussir sa psychanalyse.

                        



Frank Bodenes le plus dröle c’est qu’elle doit adorer se faire démonter en pièces, sinon y a longtemps qu’elle ne se ferait plus entendre

 

 

L’autonomiste C. Guyonvac’h est, rappelons-le, au moment où il écrit ces commentaires vice-président du conseil régional de Bretagne

 

Commentaire 19

Elle est mal breizhée

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En fin de compte, la palme revient au rédacteur en chef du Télégramme pour le Finistère, un certain René Pérez, auteur d’un essai à la gloire des Bonnet rouges préfacé par Emmanuel Todd. On peut y lire les commentaires suivants, qui, d’une certaine façon, constituent un hommage à cet article du Monde, puisque le journaliste constate qu’il a provoqué un revirement au moment où le mouvement des Bonnets rouges était unanimement  présenté comme un mouvement spontané résultant d’une révolte native des bas Bretons.

« Après la spectaculaire phase d’ascension médiatique, le mouvement se trouve en butte à de nombreuses critiques virulentes où il est même reproché d’avoir manipulé l’Histoire et le concept du bonnet rouge.

Dans ce concert, Françoise Morvan, écrivain, éditrice et spécialiste du folklore breton, se distingue une nouvelle fois dans une tribune publiée par Le Monde, lui donnant ainsi une portée nationale. Depuis un essai publié en 2002 et réédité sous le titre Nationalismes et dérives identitaires en Bretagne, cette native de Rostrenen (22) a toujours la sulfateuse à portée de main. Toutes les têtes qui dépassent en Bretagne se retrouvent un jour ou l’autre dans son cœur de cible pour peu qu’elles évoquent « le droit à l’expérimentation » (même pour la gestion de l’eau ?) et la moindre référence régionaliste est à mettre, chez elle, au ban de l’infamie autonomiste. On ne s’étonnera donc pas de retrouver, dans son collimateur personnel des personnalités comme Alain Glon, ex-patron d’entreprise et président de l’Institut de Locarn (22) ou Jakez Bernard, président de l’association Produit en Bretagne mais elle s’en prend aussi aux « discours ethnicistes des élus socialistes », tous coupables de cette « labellisation de la Bretagne sur une base identitaire qui semble irrémédiable ». D’ailleurs, glisse-t-elle au passage, en référence à la révolte du xvne siècle « les bonnets rouges pouvaient aussi bien être bleus ».

C’est dire ! Mais jamais, dans ses écrits, elle ne fait référence à d’autres périodes, comme celle de la Révolution où les députés bretons ont pourtant joué un rôle éminent. Et comme, à la lire, tout ce qui commence par « breizh » est marqué du sceau de la collaboration pendant la guerre, l’écrivain d’origine costarmoricaine finit, bien sûr, par se faire traiter de « mal breizhée ». Ce qui est affreusement macho et terriblement irrévérencieux mais plutôt bien ciblé pour elle qui se croit à chaque fois obligée de convoquer la période de l’Occupation pour mieux souffler sur les breizh. »

 

Ce rédacteur en chef, qui n’est pas même capable de citer correctement le titre du Monde comme sidéveloppe tout ce fatras argumentatif pour composer un Nous viril, breton, fédéré par des « personnalités » comme Glon, président de l’Institut de Locarn : cela lui permet d’occulter les faits, et notamment le fait que Glon, à la tête du lobby patronal breton allié au  lobby nationaliste, a été à l’origine du mouvement dit des Bonnets rouges.   C’est bien ce que montre la chronologie de ce mouvement poujadiste qui, au total, aura coûté plus d’un milliard d’euros à l’État, et ce alors que l’écotaxe avait été démocratiquement adoptée à la quasi unanimité, gauche et droite unies.

Ce fatras vise à détourner l’attention des faits énoncés dans la tribune du Monde et l’on peut voir ici un exemple du rôle délétère joué par la presse régionale. Mais si ces commentaires sont intéressants, c’est surtout qu’ils permettent de voir comment le journaliste, à force de servilité, s’aligne sur le discours machiste du mouvement nationaliste breton. Avec le même vocabulaire (la même référence obligée à la nation — Breizh —, le même vocabulaire belliqueux — la sulfateuse, le cœur de cible, l’invective ciblée…),  la même morgue rigolarde du mec fier de combattre, la même grossièreté et le même sexisme : on croirait lire du Mordrel.

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Commentaire 20

Elle est partout 

Agent secret antibreton, payé par l’ennemi, je dispose d’un pouvoir pharaonique. L’un des grands thèmes des commentaires est mon omniprésence.

Il serait dommage de ne pas lire à ce propos les révélations d’un nationaliste breton mainte fois condamné à présent pour incitation à la haine raciale. Bien que son site Breizatao.com ait été déréférencé en décembre 2016 par Google, cela ne l’empêche pas de poursuivre sa campagne de propagande nationaliste.

Un thème essentiel règne sur la page d’accueil du site : « informations générales sur Françoise Morvan »

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Voici donc en quoi consistent les « informations générales  » :

 

« Il est important de replacer cet agent français dans son contexte politique.

Tout d’abord Françoise Morvan est conseillère socialiste dans le Xème arrondissement de Paris, appartenance politique que nous révélons ici pour la première fois. Elle est membre de la Ligue des Droits de l’Homme, organisation ou officient les réseaux trotsko-sionistes français. Elle est également membre du Bureau de la Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes, association subversive visant à s’opposer aux organisations et personnalités musulmanes dans le cadre de la politique néo-conservatrice atlanto-sioniste. On y trouve comme association membre la CLF (Coordination Lesbienne en France), la CIBEL (Compagnie des Insoumises Baladines Enthousiastes et Lesbiennes), LFID (Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie), RAFI (Réseau pour l’Autonomie des Femmes Immigrées).

Françoise Morvan se trouve au coeur de tous les réseaux de la gauche néo-conservatrice et sioniste française et s’engage activement contre tout ce qui peut menacer les intérêts du camp idéologique qui est le sien. Elle peut ainsi utiliser de nombreuses “cartes d’appartenance” politiques en fonction des objectifs assignés.

Françoise Morvan est en outre très bien rémunérée pour les services qu’elle rend à l’établissement. Ainsi, en plus de son salaire de conseillère municipale socialiste, elle est l’auteur d’ouvrages complaisamment promus par le Groupe Ouest France / Ouest Éclair […].  Par ailleurs elle commet régulièrement des pièces de théâtre pour la bourgeoisie de gauche parisienne de conserve avec André Markowicz, sioniste notoire. Deux salaires donc, plus des ouvrages vendus d’avance par son employeur et enfin l’accès aux scènes parisiennes tenues par les bandes que l’on sait.

Son réseau cependant ne se limite pas à une appartenance à la “gauche”, terme aujourd’hui galvaudé. C’est son appartenance aux réseaux sionistes qui déterminent ses véritables alliances et prestations. Ainsi son avocat n’est autre que le juif Richard Malka, avocat formé par l’avocat juif Georges Kiejman, les deux étant les avocats officiels du président de la République Française (de droite pro-israélienne et néo-conservatrice dure) mais aussi de Charlie Hebdo. »

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Le nationalisme s’apparente à une pathologie qui amène à voir l’ennemi partout : je suis conseillère à la mairie de Paris, je suis à la tête d’un groupe féministe, je suis trotskiste, stalinienne,  lambertiste,  sioniste, je pourrais être aussi l’animatrice de la fête de la tarte aux Hortillonnades  de Bougainville ou encore la factrice de Brignogan-Plages mais il est vrai qu’il serait plus difficile d’y déceler la présence subversive du Juif caché.

En effet, derrière le puissant réseau qui me permet de m’exprimer, il y a les pouvoirs d’argent, et les pouvoirs d’argent dissimulent eux-mêmes, comme il fallait s’y attendre, le pouvoir maléfique des Juifs.

Ne nous attardons pas sur le thème du commentaire 12  — elle est payée, elle fait ça pour de l’argent – ici abondamment illustré. Le mouvement breton est, depuis les origines, littéralement hanté par l’argent. Breiz Atao est créé par Morvan Marchal qui vole son père, poursuivi par Debauvais qui vole dans la caisse de sa femme, par Mordrel et Lebesque qui volent dans les caisses du parti, et les réseaux affairistes de la Bretagne sont poursuivis par les réseaux affairistes du Célib. On voit ici l’obsession se matérialiser à partir des fantasmes d’un digne héritier de Breiz Atao.

Cela sert, comme dans le cas de Breiz Atao, de soubassement à l’antisémitisme : quoi de plus banal ?

 

Commentaire 21

Elle est payée par les Juifs

Aux yeux des nationalistes d’extrême droite, si je m’exprime, c’est naturellement que j’appartiens aux réseaux « sionistes » : la même paranoïa qui amène à me voir partout amène à voir des Juifs partout autour de moi. La crasse identitaire amène naturellement au racisme.

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Pour qui s’intéresse aux analyses de propagande, on ne pourra pas manquer d’observer que le ton de tous ces commentaires est le même — et c’est à quoi je voulais en venir ici. Le ton haineux, lourdement ironique, est le même de l’extrême gauche à l’extrême droite : il caractérise un discours machiste, appuyé sur la certitude guerrière de combattre en meute, au nom d’un NOUS belliqueux, le NOUS brandi par les nationalistes et qui ne cesse de se banaliser en Bretagne. Les Bonnets rouges y ont contribué.

Même lorsque les discours tenus ne sont pas antisémites, même lorsqu’ils se proclament antiracistes, ils reposent sur un même soubassement haineux, antifrançais, machiste et tribal qui, de fait, correspond à l’idéologie des Bonnets rouges.

On observera aussi que ces commentaires visent à interdire tout débat, faute de pouvoir interdire toute opposition, en le remplaçant par l’invective.

Cette stratégie constitue une forme efficace de censure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(à suivre)

 

 

 

 

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