Le prix Libbylit

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Un lecteur me signale que La fenêtre de Kenny a reçu le prix Libbylit. Ou plutôt que les trois premiers albums de Sendak que j’ai traduits ont reçu le prix Libbylit (j’en ai traduit sept en sept mois et, à mon avis, le meilleur est le dernier, Ouvrir la porte aux papillons). Enfin, tout ça s’est sans doute décidé à l’automne.

Alarmée à l’idée d’avoir à participer à des cérémonies d’attribution de prix, je consulte la page à quoi mène le lien qu’il m’indique. La nouvelle, de fait, apparaît dans Le Monde :

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« Pourquoi choisir entre les merveilles qu’a déjà exhumées MeMo parmi ces albums ignorés de Maurice Sendak (1928-2012) qu’on ne saurait réduire au cultissime Max et les Maximonstres (1963) ? Aussi ce sont trois titres qu’a distingués la Foire du Livre de Bruxelles dans son palmarès Libbylit : Un trou c’est pour creuser, ce « premier livre de définitions premières » où Sendak se contentait d’apporter son humour graphique aux textes élaborés par Ruth Krauss et les enfants qu’elle avait sollicités pour ces réjouissantes formules explicatives (« La figure, c’est bien pour faire des grimaces » ou « une fête, c’est pour rendre les enfants heureux ») ; Loin, très loin qui anticipe la fugue de Max, lorsque le petit Martin, en conflit avec ses parents, part à l’aventure le temps d’apprendre la patience ; mais aussi La Fenêtre de Kenny, premier album dont le créateur new-yorkais signe à la fois le texte et l’image en 1956. Un jardin nocturne, sept énigmes à résoudre posées par un coq perché sur un train, qui sont autant de pistes initiatiques pour faire la part de l’intime et de l’universel. Pionnier et déjà magistral.

P-J. C.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Françoise Morvan, éditions MeMo/Les Trésors de Sendak, 72 pages, 17 €. »

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Apparemment, c’est la Foire du Livre de Bruxelles qui a attribué la mention spéciale du prix Libbylit à La fenêtre de Kenny, Loin, très loin et Un trou, c’est pour creuser.

 Le prix Libbylit semble être un prix assez important, d’après Ricochet, site spécialisé dans ce qu’on appelle la « littérature jeunesse ».

Mon éditeur est-il au courant ?

Je vais voir sur son site. Eh oui ! C’est écrit :

« MeMo primé à Bruxelles pour sa réédition de l’œuvre de Maurice Sendak »

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Bizarre, l’illustration est extraite de Funambule, un livre qui ne figure pas dans la sélection  du jury et le texte invite à venir rencontrer à la foire du livre de Bruxelles… Mélanie Rutten qui signera ses livres.

Le spectre de la cérémonie s’étant éloigné, je profite de l’occasion pour faire un petit tour sur le site de l’éditeur, et je constate que les trois livres primés sont présentés sans mention de traducteur.

 

 

 

 

J’avais déjà signalé ce problème, car l’ATLF (l’Association des traducteurs littéraires de France) a obtenu que les éditeurs fassent figurer les noms des traducteurs sur leurs sites au même titre que les noms des auteurs.

Par un hasard que les surréalistes nantais auraient qualifié d’objectif, je venais de recevoir un questionnaire d’une doctorante sur « l’intraduction au sein des éditions MeMo ».

Le questionnaire était le suivant :

  • Que pensez-vous de la politique de traduction des éditions MeMo ?
  • Combien de titres avez-vous traduit pour le compte de la maison ?
  • Pouvez-vous nous décrire votre travail avec cet éditeur ? Comment naissent les projets ?
  • Vous arrive-t-il de proposer des projets de traduction ?
  • Diriez-vous que les livres que vous traduisez répondent à une fonction patrimoniale ? En quoi ?
  • La politique de traduction de MeMo (dans le cadre des collections « Classiques étrangers pour tous » et « Les grandes rééditions ») se situerait-elle du côté de la réédition, de la réinvention, ou de l’hybridité ?
  • Nous savons que plusieurs éditions de Baba Yaga ont été faites en France, de par son caractère patrimonial. En quoi cette nouvelle traduction est-elle différente de celles proposées par d’autres éditeurs français ?
  • Plusieurs des intraductions sont des contes. Quelle est votre stratégie pour faire ressortir l’oralité d’un conte à travers une traduction ?
  • Quel est le rapport de la maison avec les traducteurs ?
  • Un des ouvrages a-t-il une particularité dont vous souhaiteriez nous parler ?

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Après avoir découvert que je faisais de l’intraduction et que j’étais supposée avoir une stratégie pour faire ressortir l’oralité des contes à travers mes intraductions à fonction patrimoniale hybride, j’ai surpris le démon de la farce en train de me souffler des réponses aussi surréalistes que ces questions et j’ai réussi, non sans peine, à le faire taire. Je venais juste d’indiquer que je ne voyais pas que répondre lorsque j’ai appris que mes intraductions à fonction patrimoniale avaient bénéficié du prix Libbylit, ou plutôt avaient, dans une bien modeste mesure, permis à mon éditeur de bénéficier du prix Libbylit.

Voilà donc de quoi apporter une réponse concrète au questionnaire.

Et je précise que MeMo est l’un des meilleurs éditeurs de livres pour enfants non seulement en France mais en Europe.

Un grand merci au lecteur qui m’a informée de l’attribution du prix Libbylit !

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À la suite de cet article, les éditions MeMo ont fait figurer le nom du traducteur sur la présentation des livres…

 

 

 

Pour être objective, je dois noter que le nom du traducteur figurait déjà sur la notice de l’un des livres de la série.

 

 

 

 

 

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2 réponses à Le prix Libbylit

  1. Carlo de Boisset dit :

    Bravo.

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