Les sonnets de Shakespeare au lycée Edouard Herriot

En janvier dernier, nous avons travaillé au TNP avec des élèves du lycée Édouard Herriot. Les professeurs, et d’abord Anne Robardel qui était à l’origine du projet (elle avait fait partie du groupe d’enseignants qui avaient fait un stage sur la traduction en 2023 et m’avaient permis de tester l’adaptation que j’en avais faite pour la Scala – merci à eux !), avaient choisi de rassembler des élèves de tous les niveaux : oui, de la seconde à la khâgne – et pas n’importe quels khâgneux : d’éminents anglicistes qui avaient les Sonnets au programme du concours. C’était extraordinaire. À aucun moment les différences de niveau ne se sont senties ; chacun lisait, en anglais ou en français, et faisait en sorte de rendre le texte audible et sensible. La lecture finale était merveilleuse et les petits de seconde n’étaient pas les derniers à s’imposer. 

Ce sont les élèves qui ont demandé à poursuivre l’expérience tout au long de l’année, jusqu’à donner un spectacle. Et, malgré examens, concours et travaux prenants, le spectacle va avoir lieu demain. 

Voici un message adressé par Anne Robardel… 

« Cher André,

quelle aventure ! Nous travaillons d’arrache-pied depuis une dizaine de jours pour monter une récitation à la hauteur de la lecture que Françoise et vous nous avez offerte au TNP. Les récitations s’avèrent acrobatiques car les récitants sont éparpillés dans plusieurs classes différentes et il a donc fallu faire preuve de beaucoup d’imagination pour arriver à créer une forme correspondant à ce que nous souhaitions raconter, afin d’être fidèles à l’esprit de la partition dessinée par Françoise et vous … Depuis quelques jours, les pentamètres et les décasyllabes résonnent donc dans tous les coins du lycée Edouard Herriot et nous sommes tous en état de grande effervescence poétique.

Puis, pour couronner le tout, nous avons appris avant-hier que 4 de nos sonnets étaient admissibles aux oraux de la rue d’Ulm, ce qui nous a conduit à revoir le casting à la dernière minute…


Bref, tout cela est considérablement acrobatique mais aussi plein de vie, de joie, de créativité et de liberté. J’espère que le résultat vous plaira.

Je vous mets en PJ nos affiches. » 

Quatre admissibles sur une seule classe au très redoutable concours de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm ! Tous mes vœux les accompagnent. Ils ont fait preuve d’une telle modestie lors de notre lecture collective des sonnets qu’ils semblaient avoir tout à apprendre des autres. C’est peut-être le secret de la réussite…

À dire vrai, nous sommes très fiers d’avoir suscité cette expérience. Et nous admirons l’enthousiasme de ces professeurs passionnés par leur métier, par la poésie, par la vie. 

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