Les mistoufles (4)

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Après Les mistoufles 1 (petits soucis)

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Les mistoufles 2 (chansons douces)

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Les mistoufles 3 (chansons atroces)

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…voici Les mistoufles 4 (animaux rares, animaux bizarres)

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Le premier volume des Mistoufles a été enregistré par les élèves de CM2 de l’école Jean Macé de Villefranche-sur-Saône.

Le deuxième volume a été enregistré par les élèves de CE1/CE2 de l’école Charles Faroux de Compiègne.

Le volume 3 a été enregistré par les élèves de CM2 de l’école Madeleine Rebérioux de Chambéry…

et le volume 4 par les élèves de CM1-CM2 de l’école Charlie Chaplin de Redon.

Le disque peut être entendu sur le site de la compagnie L’unijambiste et j’ai rédigé une page sur cette expérience, page que je complète au fur et à mesure que l’expérience avance.

Voici ce qu’indique le dossier qui a été préparé par Pascale, l’institutrice en charge des deux classes :

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Cette fois-ci, toute l’école s’était associée pour participer au projet, même les petits de maternelle qui s’étaient pris de passion pour le souricate, le pleurodèle, le grizzly du Canada et l’oryx algazelle.

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Les grands, non contents de mettre mes poèmes en musique, avaient réalisé de véritables tableaux à partir de ces animaux étranges, et ils avaient même réalisé à partir de leurs modelages un film d’animation.

Le disque, l’exposition de leurs travaux et le film étaient l’occasion d’inviter tous les élèves et leurs parents au théâtre de Redon pour une rencontre suivie d’un goûter — belle occasion d’ouvrir l’école au théâtre et le théâtre à l’école.

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Je dois dire que je me suis bien amusée. Et le plus beau moment pour moi a été celui où l’un des élèves est venu me dire qu’il me remerciait pour les poèmes… C’était dit avec timidité et résolution, avec surtout beaucoup de délicatesse.

Une rencontre avec les élèves avait été prévue et les questions étaient remarquablement organisées. Elles portaient surtout sur cet étrange métier d’écrivain qui n’en est pas un, sur ma manière d’écrire, et sur, en somme, ma bizarre carrière d’amateur d’animaux bizarres.

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En fait, ce qui a été bien perçu par les petites filles qui ont mis en musique la chanson de l’oryx algazelle, c’est que j’avais écrit ces textes pour montrer la disparition des animaux sur la planète, l’extinction d’espèces qui n’existent plus que dans les zoos (c’est le cas de l’oryx algazelle)… Il s’agissait de montrer sous forme de fable un monde étrange et vrai, plus vrai que les histoires de Tom et Jerry, et plus cruel aussi parce que sans happy end. Du fait que les textes qui accompagnaient les chansons n’étaient pas présents, les chansons avaient l’air juste drôle et entraînant, ce qu’elles étaient mais pour dire autre chose… Dommage que je n’aie pas pu rencontrer l’institutrice et les enfants avant la remise du disque. D’autant que tous sans exception savaient par cœur ces poèmes qui pouvaient passer pour difficiles.

Tout ça ne rend que plus touchant le travail graphique effectué à partir des poèmes…

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Et le travail de recherche… par exemple, sur les cichlidés du lac Victoria, un poème mélancolique qui a été illustré par une longue fresque dont l’image centrale est vraiment magnifique, et je le dis après avoir revu le film d’Hubert Sauper, Le cauchemar de Darwin, qui a été à l’origine de ce texte.

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Il est, en fin de compte, sans doute heureux que les sens seconds de ces fables pas vraiment joyeuses aient été mis à distance et que les allusions affleurent où l’on veut les mettre : « La maclotte du lombric » a trouvé avec les élections présidentielles une actualité que je n’avais pas pu prévoir et certains s’écroulent de rire à l’idée d’y voir un portrait d’un candidat dont la rivale se voit aussi dépeinte — sans parler des doubles sens attribuables aux uns et aux autres.

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4 réponses à Les mistoufles (4)

    • Françoise Morvan dit :

      Oh ! merci pour ce commentaire, apparu alors même que j’en étais à réviser cet article à peine apparu en ligne !
      Oui, c’est une magnifique expérience !

  1. Emmanuelle Hiron dit :

    Ma fierté est multiple. D’avoir la chance de travailler avec toi,Françoise et tes poésies, avec André, aussi. Je mesure cette chance, l’accès à vos intelligences qui m’éclairent . Et Une grande fierté de guider ces enfants vers le beau, l’apprentissage, le plaisir et la joie, oui. Parce que dans cet apprentissage de la poésie, à l’école, et oui c’est possible, nous apprenons avec joie, exigeants, emportés par notre but commun, quelles que soient les difficultés, nous nous battons , ensemble. Comprendre, mâcher, articuler, danser, chanter, les mots, le sens, la rythmique, les rimes… Ils s’emparent de ces poésies avec une telle avidité, les respectent, les aiment, tous, prennent la liberté de les faire leur et voudraient que ça ne s’arrête jamais. C’est toujours une grande émotion pour moi. Ils peuvent être fiers.

    • Françoise Morvan dit :

      Quel beau commentaire ! C’est moi qui dois dire à tous un grand merci. Et, au bout de quatre ans, ce qui est extraordinaire est de constater avec quel enthousiasme les enfants disent ces poésies. Pas un seul d’entre eux jamais n’a éprouvé une ombre de réserve. Au contraire, on a l’impression que la poésie soude la classe, devient un lieu de partage.

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