« La Cerisaie » : premier jour

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À la fin de la dernière représentation de Désir sous les ormes au Théâtre des amandiers, Jean-Marc Stehlé, qui n’était pas seulement un prodigieux acteur mais aussi un scénographe et décorateur (il jouait le rôle du père dans cette pièce et avait dessiné les costumes) me disait qu’il n’y avait pas lieu d’être mélancolique de voir un spectacle s’achever. 

— Pour moi, le plus beau moment d’un spectacle, c’est quand je casse le décor, c’est fini, c’était bien, basta, la vie continue. 

J’ai été tellement stupéfaite que j’ai pensé qu’il blaguait. Mais non. 

Pour moi, le moment le plus émouvant d’un spectacle, c’est quand tout le monde arrive, se rassemble et que le spectacle qui n’a pas commencé est déjà là comme une énigme que chacun va tenter de résoudre. 

Ici, c’est le premier instant de La Cerisaie aux ateliers Berthier. Un instant particulièrement émouvant pour tout le monde puisque la réouverture des théâtres coïncide avec ces répétitions et que le Festival d’Avignon ouvrira avec cette Cerisaie, miracle fragile auquel tout le monde veut croire. 

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