Rigoli dingoli pouf

 

 

 

Le dernier livre de Sendak que j’ai été invitée à traduire s’intitule Higglety Pigglety Pop. Pour moi, ce que cette histoire farfelue avait d’intéressant, c’était la manière dont une vieille comptine anglaise était détournée. Cet Higglety Pigglety Pop a une histoire : l’une des plus célèbres nursery rhymes anglaises, c’est « Hickory Dickory Dock » (dont tout le monde connaît la mélodie).

 

 

À l’époque d’Edward Lear, l’intérêt pour les nonsense songs et autres chansons pour enfants avait amené la publication d’une anthologie qui avait connu un grand succès. Un pédagogue américain du nom de Goodrich s’en était indigné car il entendait bannir les contes et les comptines de l’éducation des enfants. Pour montrer à quel point les comptines sont idiotes, Goodrich parodie « Hickory Dickory Dock » et ça donne « Higglety Pigglety  Pop » qui est tellement idiot que les enfants s’en emparent : des 70 savants traités du pédagogue, voilà ce qui reste. Bien fait.

 

 

Sendak a fait de cette comptine une saynette jouée par sa chienne Jenny avec les personnages de la chanson.  « Higgledy-piggledy », ça veut dire pêle-mêle, en désordre. Il fallait donc trouver une expression qui donne l’impression d’une onomatopée réutilisable pour dire qu’on a fait quelque chose par-dessus la jambe. J’ai essayé plusieurs solutions avant de choisir « rigoli-dingoli » : bosser en rigoli-dingoli, c’est une expression qui peut passer dans le langage courant. Après, j’ai transposé la comptine en tenant compte prioritairement de la musique des mots. Bref, c’est un cas intéressant de traduction car la première traductrice, Anna Solal, (pour savoir qui c’était, il faut vraiment chercher : le nom se trouve en caractères minuscules à la page 4, parmi les mentions de copyright) ne s’est pas du tout posé les mêmes questions. Le titre Turlututu chapeau pointu ne fait allusion à aucune comptine. Bref, nous n’avons plus du tout le même texte. Mais qui s’y intéresse ?

J’observe qu’il y a tout de même un léger progrès pour ce qui concerne le statut de traducteur, car, à force de protester, on parvient à faire figurer le nom du traducteur en quatrième de couverture et il n’y a plus lieu de le chercher avec une loupe à l’intérieur du livre. Mais ne nous faisons pas trop d’illusions : un bref parcours sur la toile est instructif.

Voici la présentation du livre sur amazon :

 

 

 

..sur cultura (l’esprit-jubile) :

 

 

 

Sur Rue du commerce…

 

 

 

… et Mollat, Martelle jeunesse, Tropismes, le Rat conteur… des dizaines d’autres sites…

La BNF fait encore mieux puisqu’elle annonce la parution en donnant pour illustration le texte anglais…

 

 

En fait, la seule librairie en ligne qui offre une présentation correcte, c’est une librairie suisse, La Liseuse, qui donne le nom de l’auteur et du traducteur.

 

 

 

Pour ce qui est de faire reconnaître le travail de traducteur, nous ne sommes pas au bout de nos peines.

 

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Marie de France et les agrégatifs

 

 

Dans le courant du mois de juillet, je reçois une invitation à participer aux Assises de la traduction organisées en Arles par ATLAS (Association pour la promotion de la traduction littéraire). On m’invite à parler du temps dans les Lais de Marie de France. Ma traduction est parue en 2008 chez Babel-Actes sud, par la suite, j’ai publié les Fables dans la même collection, personne n’a jamais eu l’idée de m’inviter à en parler et, subitement, dix ans après, révélation ?

Mais il m’est précisé qu’en fait, je suis invitée par la traductrice des Lais. La traductrice ? Il y a donc désormais une traductrice officielle ? Eh oui, il s’agit d’une maîtresse de conférences à l’ENS, Nathalie Koble. Elle vient de publier avec une autre médiéviste Lais bretons (XIIe-XIIIe siècles) : Marie de France et ses contemporains aux éditions Championet, tiens, quelle coïncidence, les lais de Marie de France sont mis au programme de l’agrégation, justement dans cette traduction.

Oh, souvenirs des œuvres mises au programme de l’agrégation par des universitaires en cheville avec des éditeurs prêts à tout publier, la vente du tirage étant assurée ! Oh, malheureux agrégatifs contraints de suer sang et eau sur l’effroyable œuvre au programme concoctée par quelque Dufournet ! Oh, atroces traductions de textes parfois si magnifiques, extraits du fond des temps pour être ainsi livrés sous forme d’indigeste hachis ! N’ayant pas le temps d’aller à la Sorbonne, je suivais, quand j’en avais le courage, les cours radiodiffusés du professeur Dufournet tout en surveillant l’étude du soir, et la pluie monotone des étymologies tombait comme une berceuse sur les fronts inclinés de mes élèves. Oh, litanies endormantes ! Du moins avais-je trouvé l’usage des cours d’ancien français radiodiffusés : le calme régnait, la nuit tombait, mes élèves, par compassion peut-être, appréciaient cette étrange rumeur soporifique. J’avais vingt ans : je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie.

Telles sont les impressions qui m’ont assaillies à recevoir ce courriel. Surprise par cette invitation (car, depuis trente ans qu’ATLAS existe, jamais je n’avais été invitée à évoquer une seule de mes traductions), je me suis procurée l’édition des Lais bretons mise au programme. Par le plus grand des hasards, le livre s’est ouvert à la page de la bibliographie : ces deux éminentes médiévistes dont l’édition était destinée à faire autorité énuméraient toutes les traductions existantes… Eh oui, toutes les traductions, même les plus vieilles, les plus nulles, les plus difficiles à trouver. Toutes sauf la mienne. Absence totale : pas même une référence.

 

 

Cette traduction était pourtant d’abord parue chez Librio et s’était massivement vendue ; je l’avais ensuite republiée chez Actes Sud  avec les  Fables. On ne peut pas dire que ces traductions aient été occultées : on les trouve partout, elles ont été dites à la Comédie française et diffusées sur France-culture  à plusieurs reprises ; elles ont même donné lieu à un film d’animation qui a raflé tous les prix possibles. Il s’agissait enfin de la première traduction des Lais et des Fables, respectant la forme de ces poèmes subtils, précis et délicats…

Pour ce qui est de la délicatesse, il fallait repasser. D’abord, parce que ces chères collègues qui m’avaient ainsi oubliée, elles ne se croyaient pas tenues de s’en excuser, non, ni même de me demander si j’accepterais de parler du temps avec elles : on me faisait inviter, c’était déjà beau, et il allait de soi que j’allais accourir toute frétillante recueillir le doux sucre de la consolation. Telles sont les mœurs des universitaires.

Et ensuite parce que, pour ce qui est de la traduction, la méthode du mot à mot scolaire était (comme de coutume) de mise. Voici ce donne le début du « Lai du rossignol » (comme les lais n’ont pas de titre, il va de soi que le titre « Le laüstic » est non seulement très laid mais absurde puisque Marie explique que le lai s’intitule « laüstic » chez les Bretons mais qu’elle prend soin de le traduire)…

 

 

 

… Voici donc le début du « Lai du rossignol » dans ma traduction :

« Une aventure vous dirai

Dont les Bretons firent un lai 

Le “Laüstic”, ce m’est avis,

L’appellent-ils en leur pays,

Soit dit “Rossignol” en français

Et “Nightingale” en bon anglais.

 

Une ville en pays malouin

Était renommée de fort loin.

Là résidaient deux chevaliers

En des demeures fortifiées.

Et la ville de ces seigneurs

Tirait renom de leur valeur.

La femme épousée du premier,

Sage, courtoise et distinguée,

Savait en toute chose agir

Comme il convient de se conduire.

L’autre, resté célibataire,

Était connu parmi ses pairs

Pour ses prouesses, sa valeur

Et ses largesses de seigneur :

Il donnait tournois, dépensait,

Savait offrir ce qu’il avait.

Or, voilà qu’il s’éprit soudain

De la femme de son voisin. »

 

… Et dans la traduction mise au programme de l’agrégation :

 

« Je vais vous raconter une histoire

dont les Bretons ont fait un lai.

Je crois qu’il s’intitule Laüstic,

comme on le dit dans leur pays,

c’est-à-dire « rossignol » en français

et « nightingale » en bon anglais.

 

Dans les environs de Saint-Malo

se trouvait une cité réputée.

Deux chevaliers y habitaient,

Dans deux châteaux fortifiés.

Grâce à l’excellence des deux seigneurs

La cité jouissait d’une bonne réputation.

L’un d’eux avait une épouse

Qui était avisée, distinguée, élégante.

Elle était extrêmement attentive à sa conduite,

Comme l’exigeaient l’usage et les bonnes manières.

L’autre chevalier était célibataire,

reconnu par ses pairs

pour sa vaillance et sa grande valeur.

Il vivait dans le faste :

il courait les tournois, dépensait sans compter

et donnait généreusement.

Il tomba amoureux de la femme de son voisin. »

 

Je pensais avoir démontré qu’il était possible de traduire les poèmes médiévaux en respectant la forme sans perdre en précision de sens, tout au contraire, et le cadre strict de l’octosyllabe contraignait à mettre en lumière les motifs, les allusions, les doubles sens, tout ce qui faisait le charme d’un texte exceptionnel.

À quoi bon ? La même méthode fait autorité en France et s’impose par le biais de l’université jusque dans les institutions supposées défendre la traduction littéraire. La forme est jetée aux orties au nom du sacro-saint respect du sens — mais le sens n’est pas du tout mieux respecté, loin de là. Je ne vais pas avoir la cuistrerie de ces traducteurs qui se permettent de juger les travaux des autres mais je suis bien forcée de voir au passage que ces quelques vers comportent des erreurs qui faussent le sens :  les deux chevaliers ne vivaient pas dans des châteaux ; Marie insiste bien sur le fait que les maisons étaient mitoyennes, et l’un des plus beaux vers du lai indique :

 

« N’i aveit bare ni devise

Fors un haut mur de piere bise. »

 

 « Rien qui les coupe ou les divise

Hors un grand mur de pierre bise. »

 

Imaginerait-on des châteaux mitoyens ? Le mot « maisun » désigne une maison, une demeure, et non un château. D’autre part, il n’est pas dit que la ville jouissait d’une bonne réputation grâce à l’excellence de ces deux seigneurs, mais que leur valeur contribuait à la renommée de la ville, ce qui n’est pas la même chose. Enfin, il n’est pas dit que le chevalier donnait généreusement mais qu’il donnait bien, qu’il savait donner, ce qui suppose générosité mais le sens est beaucoup plus fin. Passons sur l’effacement des mots essentiels : « aventure » et « courtoise » qui sont les mots que j’ai respectés prioritairement et, bien sûr, laissés en place chaque fois qu’ils apparaissaient dans l’ensemble du volume pour que la trame des motifs ne soit pas déconstruite.

Mais de quoi parlons-nous ? La trame, les motifs, le volume ? Allons donc ! Je m’étais efforcée de montrer que le recueil des Lais était construit : mais non, c’est du lai, voilà tout… et ces gracieux chefs d’œuvre que sont les lais de Marie sont donnés comme en vrac sous le label « Lais bretons » avec une demi-douzaine de lais anonymes. Les militants bretons vont pouvoir démarquer cette édition et en faire un produit celtique ; encore un peu et le business arthurien va pouvoir s’en emparer. Adieu, Marie…

Et adieu gracieuses fables traduites de langues pas celtiques : dans tout le volume, pas une seule mention des Fables. Marie est l’auteur de lais bretons. « Le celte fait vendre », disait l’organisateur du Festival interceltique : la fabrique identitaire va pouvoir plus que jamais plonger et replonger dans les limbes celtomaniaques  qui ont déjà si souvent enlisé Marie.

Les organisateurs des 34eAssises de la traduction ont-ils seulement ouvert ce volume ? Ils ne se sont pas avisés que la traductrice qu’ils invitaient n’y figurait que comme absence. Ils ne se sont pas avisés non plus qu’il y avait quelque incongruité de la part d’une Association pour la promotion de la traduction littéraire à promouvoir une traduction universitaire dénuée de qualité (comme d’ailleurs de prétention) littéraire.

Marie de France aura eu le triste mérite d’attirer l’attention sur le problème.

Pauvres agrégatifs.

 

 

NB : En avril dernier, j’avais rédigé une courte actualité intitulée Marie de France à l’université  : elle est plus actuelle que jamais…

 

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Synge hors de l’université

 

 

Je termine l’essai sur Synge qui m’a été demandé — le premier essai sur cet auteur dans le domaine francophone…

John Millington Synge a écrit en anglo-irlandais, c’est-à-dire dans la langue que parlaient les paysans irlandais, un anglais imprégné de structures gaéliques. Il va de soi que s’il a choisi d’écrire en anglo-irlandais et pas en anglais banal, c’est qu’il y trouvait avantage. Et, de fait, cette langue incorrecte est merveilleusement efficace : elle a surtout l’immense mérite de permettre de sortir du registre de la faute. C’est un pied de nez aux pédants et une langue de poésie gagnée sur l’interdit — voilà ce qui m’a donné envie de traduire tout le théâtre de ce merveilleux Synge, ce que j’ai fait, et c’était aussi un pied de nez aux pédants, vu que je l’ai traduit en franco-breton, langue non moins honnie que l’anglo-irlandais. Je ne m’attarde pas là-dessus : j’ai déjà consacré ici une page à Synge.

Or, rassemblant tout ce qui avait pu être écrit sur cet auteur, j’ai découvert que, depuis 25 ans, des universitaires s’acharnaient à démontrer que l’anglo-irlandais ne peut pas se traduire en français et donc que ma traduction est tout simplement impossible. Bizarre, elle s’est pourtant jouée dans toute la France. Mais non. Traduire Synge, c’est mettre Synge en bon français. Il n’écrivait pas en bon anglais ? Non, mais chez nous, seul le bon français a droit de cité, et d’ailleurs, le franco-breton n’existe pas. Intéressant ! On le trouve pourtant dès le XVe siècle dans la Farce de maître Pathelinque j’ai eu le plaisir de traduire.

Toujours est-il que la vérité sur mon entreprise de traduction de Synge est ainsi exposée depuis des années, sans que j’en ai été avertie, dans les lieux où se décide ce que doit être la traduction. Mœurs universitaires…

Personnellement, comme je laisse les autres traduire à leur manière, fût-elle désastreuse, sans m’en occuper, je n’entends exercer aucune autorité. L’anglo-irlandais se traduit très bien en franco-breton et voilà tout. Synge est un auteur aussi drôle que les gens de la campagne qui venaient le mardi raconter les nouvelles épiques de la semaine dans le bistrot de Lomig Donniou et lui-même disait avoir trouvé ses répliques en écoutant les servantes dans sa cuisine du Wicklow, donc notre source d’inspiration était bien éloignée de la Sorbonne que nous avons pourtant fréquentée l’un et l’autre…

Comme il m’a été demandé de m’exprimer à ce sujet, j’ai rédigé un article qui a été publié dans la revue Équivalences, revue de traductologie. Mais vu que je n’arrive pas à lire cet article en ligne, je l’ai mis sur ce site où il sera, j’espère, plus accessible. Il apparaît sous son titre original, à savoir « Traduire le théâtre anglo-irlandais».

*

Non moins désarmant dans le même registre, le mémoire d’une étudiante en traductologie qui a passé du temps à étudier les traductions de Synge et qui conclut que ma traduction est « la plus intéressante» mais qu’hélas, elle ne pourrait pas être jouée : il faudrait distribuer ma « magnifique introduction» pour que les spectateurs comprennent que le français qu’ils entendent est bizarre parce qu’il est breton, ou encore leur distribuer une petite feuille explicative, ou, tout au moins, « introduire le mot breton dans la traduction». Tant qu’à faire, on pourrait aussi introduire un acteur avec un panneau indiquant ICI BRETON…

Aucun des éminents spécialistes qui dirigeaient son travail n’a cru devoir lui faire observer que le but d’une traduction n’est pas de faire breton ou javanais mais d’offrir un équivalent plausible à la langue source ; aucun non plus n’a cru devoir remarquer que mes traductions étaient jouées.

Plongée dans mes dossiers sur Synge, j’ai été surprise de lire les commentaires des critiques dramatiques — et je les ai ajoutés à l’entretien sur Synge que j’avais accordé à une autre traductologue : je ne mesurais pas à quel point cette traduction allait à l’encontre de la doxa. Il a fallu beaucoup de courage à ceux qui l’ont défendue.

 

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Avril (suite)

 

 

Sous la protection de saint Antoine, tout s’est bien passé. Nous étions trempés mais, vu que le thème de mon spectacle était un jour d’avril sous les averses, je serais mal venue de me plaindre : nous avons trouvé abri dans la chapelle saint Antoine qui est de toute beauté. La tonalité du spectacle, prévu pour se donner en plein vent, s’est trouvée changée mais, finalement, les notes plus graves y ont gagné.

J’ai été très touchée par les commentaires des spectatrices qui étaient à côté de moi. L’une d’elle m’a dit qu’elle avait pleuré en pensant à sa mère. À certains moment aussi, j’avais envie de pleurer en voyant revenir ces petites silhouettes de femmes qui sortaient des chansons interprétées par Annie Ebrel et de mes trois femmes du bourg parties laver un jour d’avril, la femme battue qui chantait si bien les chansons d’amour et toutes ces autres héroïnes d’une saga jamais écrite…

 

 

À l’origine, je voulais intituler ce spectacle Buée parce que je racontais (sans le raconter, bien sûr) un jour de lessive, et c’est ce qu’on appelait faire la buée — expression qui est à elle seule un poème et qui contient tant d’allusions à ces jours froid où la buée entoure les paroles, à ces transparences embuées d’avril, à ce flou de la mémoire qui était mon thème essentiel. Finalement, j’y ai renoncé pour toutes sortes de raisons, et j’ai choisi Avril qui donne une tonalité plus tremblante, plus fragile et sans doute plus juste, mais quand j’ai voulu garder une image de la dernière répétition,  j’ai découvert que mon appareil photo s’était embué comme pour me laisser une image flottante, tout à fait manquée, mais plus belle pour moi que si elle avait été réussie. Merveilleuse récompense d’une vie passée à dire la beauté du manque.

 

*

 

La presse régionale était, comme de coutume, absente (à une exception près, l’an passé pour Enfance) mais j’ai eu le bonheur de découvrir un magnifique article de Véronique Hotte.

Et j’en ai profité pour actualiser un peu la page Poésie de ce site.

 

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Avril

 

Et voici finie la dernière répétition d’Avril… Demain, à 15 heures, à la chapelle Saint-Antoine, à l’invitation des Lieux mouvants, Annie Ebrel, Hélène Labarrière et André Markowicz donneront la suite d’Incandescence et de Vigile de décembre

Cette fois, c’est beaucoup plus risqué puisqu’il s’agit d’évoquer l’adolescence : une journée d’avril, une adolescente en vacances qui descend marcher dans le bas du bourg pour ne pas avoir à s’occuper de ses devoirs de classe et qui reste entendre les femmes au lavoir. De là le sentiment d’avoir à être libre et la leçon de vie donnée… C’est ce que disent aussi les chansons qu’interprète Annie Ebrel et le poème de Boris Pasternak que dit André Markowicz. La gageure est, bien sûr, de faire tenir ensemble la poésie contemporaine, la poésie populaire et la poésie universelle.

Pour ceux qui veulent découvrir le poème de Pasternak, il suffit d’aller sur Facebook voir la transcription et la traduction d’André.

Et pour la gageure, on verra demain…

 

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Coquelicot

 

À l’instant même où j’apprends que les deux prochains titres de la collection Coquelicot vont paraître à l’automne (ou peut-être un peu après) et avec un illustrateur dont j’admire le travail, je reçois un lien avec un site de lecture audio tout à fait passionnant : Joachim Séné, « personnage discontinu » (mais prodigieusement actif) « sur le flux  web »,  présente le mois de juillet. Belle manière de clore ce mois torride !

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Armand Robin et Babel heureuse

 

 

François Rannou m’ayant fait observer qu’il était difficile de ne pas offrir une place à Armand Robin dans la revue Babel heureuse qui a pour but d’ouvrir la poésie aux nouveaux médias, je lui ai confié le diaporama que j’avais réalisé pour GwinZegal à partir des photographies de Robin et des fragments retrouvés après sa mort : les militants nationalistes bretons avaient fait irruption pour m’interdire de parler lors de la présentation de ce diaporama qui était donc resté à l’état d’ébauche — mais, finalement, cet état d’ébauche s’accorde bien avec l’œuvre, ou plutôt la non-œuvre, de Robin laissée elle-même à l’abandon. Et voilà donc une petite brèche ouverte dans le consensus et une manière de lutter contre la censure…

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Les mistoufles volume 5 (suite)

 

 

 

Ce matin, le facteur sonne et que vois-je ? Une grande enveloppe en provenance de l’école de Saint Marc à Frongier.

 

 

Les enfants (et la directrice de l’école, Nathalie Paturel) ont réalisé un album en illustrant les chansons du cinquième volume des Mistoufles : c’est une merveilleuse surprise — jusqu’alors personne n’avait pensé à faire une édition illustrée du disque. J’ouvre et je découvre un énorme point d’interrogation, ou plutôt deux…

 

 

 

 

Eh oui, toute simple, en noir et blanc,  c’est l’illustration de « La cantilène de l’indécis », cet indécis qui n’arrête pas de se poser des questions et qui, à force de s’en poser, ne fait jamais rien.

Et il n’y a pas que des illustrations : il y a des montages comme on en trouve dans les livres-jouets et je peux faire tourner Castapipe et Castafiole sur leurs chevaux de bois, pendant que les gendarmes les guettent…

 

 

Plus incroyable encore, pour la « Romance de la rêveuse », toute la classe s’est mise en scène, et voilà les enfants qui s’envolent autour de la maîtresse :

 

 

« Venez, mes mignons, 
Venez par millions 
Posez vos crayons, 
Prenez un rayon 

Et venez à moi 
Au son de ma voix 
Venez là, tout droit, 
Nager dans la joie ! »

 

C’est vrai qu’ils ont l’air de nager dans la joie, les enfants de Saint Marc à Frogier, sous l’œil bienveillant de Nathalie, leur directrice !

Et voilà les commentaires des enfants (sur fond vert pomme puisque le vert pomme a été choisi pour le cinquième album).

 

 

 

À peine revenue de ma surprise, j’ouvre les commentaires de mon site, et voilà ce que je lis  juste après avoir ouvert ma grande enveloppe :

 

« Encore une fois, quelle merveilleuse aventure avec mes élèves !
Ils m’ont épatée, émerveillée, surprise, fait pleurer… quel bonheur de voir ses élèves se révéler, être fiers d’eux.
Quels apprentissages remplis de richesses dans tous les domaines…
et puis les photos de Dan… qui transmettent cet investissement, ce sérieux, ce désir de bien faire, partagés par tous les élèves.
Merci à tous.
Maîtresse Nathalie »

 

Quel magnifique message ! « Cet investissement, ce sérieux, ce désir de bien faire partagés par tous les élèves» : c’est exactement ce que l’école peut apporter de plus précieux et l’essentiel est bien ce partage et cette joie de travailler ; toute la classe s’est surpassée et je suis très fière que les élèves soient fiers d’eux.

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Les mistoufles volume 5

 

 

Et voilà le cinquième volume des Mistoufles… 

Hier avait lieu la remise du disque que les enfants ont réalisé cette année…

 

 

Je n’ai pas pu assister à la rencontre et j’ai juste reçu quelques petites photos prises par Nathalie, l’administratrice de la compagnie l’Unijambiste mais, demain, j’écouterai le disque et je pourrai mettre en ligne les photos de Dan Ramaën qui nous accompagne cette année encore.

J’ai découvert que les albums des Mistoufles étaient maintenant magnifiquement mis en ligne sur le site de l’Unijambiste et que je pouvais écouter le cinquième volume chez moi, sans même attendre de recevoir le disque… oh mais non ! je ne l’entendrai que demain, tout frais, tout neuf, sous sa petite jaquette vert pomme, quand Manou me le fera écouter.

 

 

Merci aux enfants qui m’ont envoyé des messages sur mon site !

 

*

 

Et voici mes photos préférées (© Dan Ramaën) : j’ai l’impression de voir un petit film de l’expérience.

Voici la présentation du projet des Mistoufles à l’école…

 

 

Voici Loïc, le musicien, et Nathalie, la directrice de l’école…

 

 

Voici Emmanuelle Hiron (Manou), la comédienne qui dirige l’opération…

 

 

Au début, c’est un peu inquiétant : il faut savoir son texte et savoir le dire…

 

 

Mais, tiens, ce n’est pas mal du tout…

 

 

Et même c’est très bien !

 

 

Vive la poésie à l’école !

 

 

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À Belle-Île la bien nommée

 

 

 

 

Merveilleuses rencontres à Belle-Ile où les nationalistes bretons semblent miraculeusement absents, ou non moins miraculeusement disposés à laisser s’exprimer ceux qui ne pensent pas comme eux, à moins qu’ils n’aient pas été avertis à temps de ma présence sur le sol de l’île et de la fatwa à faire respecter : quoi qu’il en soit, j’ai pu parler en paix du Monde comme si, ce qui était une grande première depuis la parution du livre, en 2002.

Non seulement Bénédicte et Catherine Liber ont réussi à rassembler des lecteurs bienveillants, intelligents, ouverts à tout (même aux démoralisants parcours de Rostrenen à Pétersbourg via l’Europe des ethnies) mais elles ont réussi à faire venir des enfants pour entendre parler de poésie, et ce par un temps idylique, à l’heure de la baignade dans une mer délicieusement bleue…

 

 

 

 

Et ce n’est pas tout ! Elles avaient en réserve une surprise : une rencontre non moins merveilleuse avec une dame de 105 ans, rayonnante d’énergie, de bienveillance et de lucidité, qui a échappé aux purges staliniennes de la pire époque et a rédigé avec sa petite-fille un livre que j’avais lu avec passion et qui vient d’être réédité.

 

 

C’est Anne-Marie Lotte, sa petite-fille est Lucile Gubler et le livre s’intitule Parlez-moi d’amour.

 

 

Son démoralisant parcours de Belle-Ile à Moscou et retour via l’Europe des soviets fait si curieusement écho à L’Appartement et au Monde comme si que nous avons eu l’impression que nos chemins s’étaient déjà croisés.

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