La rue Drezen (enfin) débaptisée

Il aura fallu vingt ans pour que les protestations contre les hommages rendus à Youenn Drezen aboutissent à Pont-l’Abbé…

Le dossier que j’avais constitué en 1999 pour diverses associations était resté lettre morte, comme les traductions de textes antisémites de Drezen remises tant à la mairie de Pont-l’Abbé qu’à l’Institut culturel de Bretagne qui les avait subventionnés et à l’Université de Rennes où exerçait le professeur Per Denez qui avait réédité ces textes racistes en les présentant comme louables. On peut lire en ligne ce dossier (« Le racisme et l’antisémitisme de Youenn Drezen »)

L’université, ainsi informée, a publié un recueil d’hommage à Per Denez, préfacé par Edmond Hervé, dûment informé lui aussi, et qui allait placer cet amateur de textes antisémites à la tête de son Comité à l’identité bretonne (auquel on devrait par la suite des hommages à Xavier de Langlais, Creston, et autres Seiz Breur collaborateurs des nazis).

Il y a, bien sûr, une rue Youenn Drezen à Rennes, où la municipalité a baptisé tout un quartier en faisant alterner nazillons et résistants. L’identité bretonne telle qu’elle est promue prête au cynisme.

Il faut d’autant plus saluer la décision courageuse du maire de Pont-l’Abbé et la ténacité de Daniel Quillivic qui a produit tout un travail d’information — ce qui leur vaut, comme il fallait s’y attendre, campagne de haine, harcèlement et menaces de mort. Rien que de banal.

On pourra lire ici une nouvelle page à ce sujet sous le titre « L’affaire Drezen ».

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Eugène Onéguine rediffusion

France Culture rediffuse dimanche à 21 heures l’adaptation d’Eugène Onéguine que nous avions enregistrée à Nîmes en 2005. J’y faisais mes débuts dans le rôle de Tatiana, avec André Markowicz, Daredjan, sa mère (qui connaît par cœur les 6 500 vers du roman), Éric Elmosnino et Denis Podalydès.

L’émission pourra ensuite être écoutée et téléchargée pendant un an.

Et il est même possible d’entendre la version intégrale, enregistrée pour les éditions Thélème.

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Bonne année !

Bonne année à tous !

Et, pour commencer, merci aux lecteurs et amis qui viennent de m’annoncer qu’après l’émission d’Adèle Van Reeth sur Platonov l’émission sur La Cerisaie sera rediffusée demain mardi à 10 heures sur France Culture.

Vous pouvez réécouter et télécharger l’émission pendant un an…

Et vous pouvez aussi consulter ici le dossier sur Tchekhov.

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Tchekhov sur France Culture

Aujourd’hui, rediffusion de l’émission d’Adèle Van Reet sur Platonov. Il est aussi possible de l’écouter en ligne.

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Réécriture de l’histoire : Monjarret reblanchi

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Le cynisme est plus que jamais de mise dès lors qu’il s’agit de blanchir les nationalistes bretons qui furent d’ardents collaborateurs des nazis. 

On ne peut pourtant pas dire que dans le cas du fondateur du Festival interceltique, Polig Monjarret, les protestations contre la réécriture de l’histoire aient fait défaut. 

— Le maire d’une commune du Morbihan ayant voulu donner le nom de Monjarret à un collège, de nombreuses associations se sont mobilisées et m’ont demandé de rédiger une brochure de synthèse sur le cas Monjarret. Cette brochure a été diffusée, étudiée, débattue par les élus qui, pour finir, ont refusé l’attribution de ce nom. Elle est lisible en ligne. 

LE CAS MONJARRET

— Lorsque les élus de la municipalité de Guingamp, qui avaient été convaincus par des militants nationalistes de l’UDB (puisque ces autonomistes « de gauche » soutiennent des nazis) de donner son nom à une rue, ont été informés, après mûre réflexion, ils ont voté contre. Ces débats ont été rendus publics et exposés sur le site du Groupe Information Bretagne

— Pour ceux qui n’auraient pas le courage de se plonger dans l’étude, il faut bien le dire rebutante, du cas Monjarret, j’ai donné une brève synthèse de son itinéraire. 

— Par la suite, les connaissances sur ce personnage (qui se faisait passer pour déporté quand il était parti retrouver les SS du Bezen Perrot en fuite en Allemagne) ont permis de donner la mesure de son ignominie. Même les historiens stipendiés pour donner une histoire revue et corrigée de l’histoire du nationalisme breton sont contraints de voir en lui un collaborateur de la première à la dernière heure. J’ai mis sur ce site un article rédigé à partir des archives. 

— À Guingamp, je me suis trouvée face à une meute de militants qui entendaient m’interdire de parole au motif qu’il fallait coûte que coûte promouvoir Monjarret. En tête de cette manifestation, l’actuel député macroniste Yannick Kerlogot et les responsables du centre culturel breton, devenu Ti ar Vro, et plus grassement subventionné que jamais.  

Cela donne la mesure du fanatisme de ces partisans d’une cause bretonne que Monjarret incarne toujours. 

Cela donne aussi la mesure de l’importance de ce personnage que l’on pourrait juger simplement grotesque : le « général des binious », partisan de la défense de la « race bretonne » et apôtre de l’interceltisme comme arme contre la France, a celtisé la musique bretonne pour la nettoyer de ses influences françaises et en faire une arme dans le combat national breton. Il a opéré sur le terrain de la musique ce que Roparz Hemon, autre fanatique nationaliste et collaborateur des nazis, avait opéré sur le terrain de la langue. Avec la cornemuse et le breton surnifié, l’hymne et le drapeau, la Bretagne peut trouver place dans le concert des nations celtiques vouées à prendre leur indépendance. 

Le combat national imposant ses lois, ni les appels à vigilance ni le travail d’information n’ont la moindre importance. Un film à la gloire de Monjarret est en train d’être réalisé. Son réalisateur explique que Monjarret, blanchi à la Libération, peut être reblanchi sans ombre de scrupule.

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La réécriture de l’histoire se donne désormais sans complexes pour ce qu’elle est : une affabulation, un tour de passe-passe, quelque chose comme l’universel baiser Lamourette offert aux bons Bretons pour qu’ils soient fiers d’être bretons. On leur a concocté du bagad, à eux de suivre. 

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Et voici en prime, tel que mis en ligne par la Cinémathèque de Bretagne, un film tourné par une télévision allemande soucieuse de montrer une Bretagne peuplée de vrais Bretons au cœur plein d’amour pour la Bretagne. Monjarret, rappelons-le, exfiltré en Allemagne par les nazis, était parti en famille, avec sa femme Zaig, sa sœur qui avait épousé Le Voyer, l’inventeur du bagad, la troisième des sœurs Le Foll ayant épousé un SS du Bezen Perrot. Voici donc une chanson d’amour interprétée par Zaig au retour  de leur « déportation ».  

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Ceux qui n’aiment pas ça sont « antibretons ». 

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Joyeux Noël quand même !

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On a beau dire, c’est du souci…

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Note de lecture sur « Brumaire »

Une belle note de lecture vient d’être publiée par Hugues Robert sur le site de la librairie Charybde

Il me semble qu’elle entre en résonance avec le texte qui m’avait été demandé pour présenter le volume et qu’elle en est le meilleur prolongement.

Rien n’est plus précieux que le cercle des amis inconnus.

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Rencontres

Merci à tous les libraires qui nous ont invités à présenter les éditions Mesures. Chaque fois, la salle était comble et les rencontres chaleureuses, passionnantes, pleines d’imprévu. L’idée de faire du livre un lien entre des lecteurs qui soient des amis se réalise grâce aux libraires et c’est une formidable manière de passer outre le business éditorial qui envahit les rayons de produits périssables. Pour ma part, je ne mesurais pas l’importance des libraires indépendants, capables de faire vivre les livres même lorsqu’il s’agit de livres rares, d’auteurs peu connus et d’expériences risquées… La vraie vie des livres est bien là, loin d’amazon.

Merci donc à la librairie Les champs magnétiques à Paris…

à la librairie La voie aux chapitres à Lyon…

à La procure d’étincelles à Annecy si belle sous sa glycine géante…

et où nos livres ont été placés sous le signe de Rimbaud…

à la librairie Le Temps qu’il fait de Mellionnec (qui a pris le nom du roman d’Armand Robin)…

N’oublions pas François Tanguy qui nous a invités à La Fonderie au Mans où nous avons passé un moment merveilleux : en plus d’Item, son dernier spectacle, et d’une rencontre avec le public, nous avons eu droit à une authentique armoire ambulante…

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En raison des grèves, nous avons dû annuler notre rencontre de mardi à la librairie Les temps modernes à Orléans mais ce n’est que partie remise : elle aura lieu le 1er février. 

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Vigile de décembre

Vigile de décembre, le dernier volume de Sur champ de sable, est paru et sera présenté aux lecteurs à la librairie Le Temps qu’il fait de Mellionnec aujourd’hui, 7 décembre, à 15 h.

Cette rencontre, même s’il n’y paraît pas, est un événement exceptionnel, d’abord parce que la librairie s’est mise sous le signe du roman d’Armand Robin et que la rencontre de Vigile de décembre et du Temps qu’il fait est le symbole d’une tentative poursuivie par des voies différentes mais qui se rejoignent d’une certaine manière… et ensuite parce qu’il faut beaucoup de courage en Bretagne pour oser m’inviter malgré la fatwa lancée par les militants bretons (voir l’article « Parole interdite »). La création des éditions Mesures et la publication de Sur champ de sable a d’ailleurs été une façon de résister à l’interdit et d’échapper à la censure. Cette rencontre est exceptionnelle aussi tout simplement parce que seuls trois libraires en Bretagne ont eu le courage de défendre nos livres (y compris quand les lecteurs les demandaient). Il a fallu beaucoup de ténacité aux lecteurs pour obtenir que trois bibliothèques acceptent de les prendre – mais cela, ce sera l’objet d’un récit que nous rédigerons plus tard, André et moi. La situation étant ce qu’elle est, et les tirages des livres s’épuisant rapidement (hors de Bretagne), il ne risque pas d’y avoir beaucoup d’autres occasions d’échanges. Raison de plus pour ouvrir une zone de liberté face aux déferlements de littérature identitaire.

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Rencontres autour des éditions Mesures

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Voici la liste des rencontres à venir dans les librairies amies qui nous ont invités à présenter les éditions Mesures :

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27 novembre : Les champs magnétiques, 80 rue du Rendez-vous, 75012 Paris, à 19h30.

28 novembre : La voie aux chapitres, 4 rue Saint Jérôme, 69007 Lyon. 

29 novembre : La procure d’étincelles, 3 rue Jean-Jacques Rousseau, Annecy, 18 h. 

7 décembre, Librairie café Le Temps qu’il fait, Mellionnec, 15h.

10 décembre, Les temps modernes, Orléans, 18 h (la rencontre est reportée au 1er février 2020 en raison des grèves).

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